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Colonel Spontini

Louis XVI n’a pas su trancher

Si vous croyez que vous avez tort, vous avez tort.

Publié le 25 Juin 2022 par Colonel Spontini

N'oublie pas ta douleur - 4

Si vous croyez que vous avez tort, vous avez tort.

4

Si vous croyez que vous avez tort, vous avez tort.

James Bubble

 

Dans mon métier, on ne peut pas travailler seul. Lorsque les circonstances l’exigent je fais appel à des amis à qui je demande d’exprimer leur savoir-faire sans pour autant déclarer la chose aux autorités si bien qu’ils ne sont pas couvert en cas d’accident ni pris en compte pour une retraite additionnelle, mais ils sont bien payés.

C’est sur la selle arrière de la moto de l’un d’eux, Patrick, à qui je m’accroche pour ne pas tomber à cause de la vitesse, que je me trouve après l’avoir sollicité pour explorer les possibilités du dossier Brun. En plus il fait nuit. Nous avons des casques de protection, avec visière transparente et nous suivons une berline blanche depuis Paris. Un SUV pour être précis. La marque ? Ils se ressemblent tous mais celui-ci pourrait bien être un Porsche Calimero High Trail.

Quand je suis sorti de chez Dufour, Patrick m’a vu arriver dans la rue parce que je lui avais demandé de surveiller le coin. Dans sa Brandebourg crème et gris, il attirait l’oeil, mais ses deux autres voitures étaient en révision. Une MollyBug de 55 et une Aronde Bordeaux presque neuve. Au bout de plusieurs heures de planque, le philosophe est sorti par la porte du garage, au volant de la grosse voiture blanche. À la demande de la femme de Patrick qui en avait besoin, j’étais venu échanger la limousine contre sa Harley-Davidson. Quand nous vîmes le SUV sortir du garage, il me suffit d’accourir de la terrasse du bistro voisin et de sauter derrière Patrick.

Nous roulons vers l’ouest puis vers le sud sur l’A 10. Le véhicule que nous suivons n’est pas difficile à suivre mais à proximité d’Orléans ça devient très fastidieux. Heureusement que Dufour finit par sortir vers Artenay et nous voilà sur une petite route qui nous mène à Saint Lyé la Forêt. De là, sur une route encore plus petite, notre cible vient tourner sur un chemin, nous obligeant à nous arrêter et nous dissimuler. Il va au bout de ce chemin, pensons nous.

Nous garons le monstre mécanique de Patrick sous un hêtre géant puis nous prenons le chemin à pieds. Au bout, la maison de campagne des Dufour. Une belle maison avec trois de ses fenêtres éclairées.

Avec les jumelles de Patrick, il n’est pas difficile de suivre Dufour qui passe d’une pièce à l’autre pour poser une boîte sur une table alors qu’à côté on aperçoit un coffre-fort ouvert. Il ouvre la boîte et en sort une enveloppe brune. Il en extrait une ou peut-être deux feuilles blanches qu’il se met à parcourir du regard. Il lit ce qui y est écrit. Il lit tout, comme s’il voulait vérifier qu’il ne manque rien, puis remet les feuilles, elles sont bien au nombre de deux, dans l’enveloppe puis place celle-ci dans la poche intérieure de sa veste.

Il y a une cuisine où l’homme pénètre après avoir éteint dans les autres pièces. Je remarque qu’il marche péniblement comme lors de ma visite à Paris. Il vient s’asseoir à la table après avoir trouvé une bouteille et un verre. Il ne vide pas la bouteille mais il vide son verre une seule fois. Ensuite il se lève, éteint la lumière et sort. Il ferme la porte à clé et remonte dans sa voiture. Nous le regardons faire demi-tour pour repartir. Inutile de le suivre bien sûr. La seule question qui vaille à présent est de savoir si nous avons envie de refaire le trajet en sens inverse avec la moto. Patrick qui aime bien les méthodes musclée me demande:

— Pourquoi on le laisse partir ? C’est sûrement la lettre qu’il est venu chercher, on aurait dû la lui prélever.

Prélever ? C’est quoi ce langage ?

— Si je le dis autrement le résultat sera le même.

— Je travaille pour un client qui veut cette lettre, si on la prélève, c’est une agression plus un vol. Mon client ne pourra pas la garder longtemps si Dufour porte plainte.

— Oui mais il fait croire qu’elle n’existe pas. On ne peut pas voler un truc qui n’existe pas.

— Oui mais s’il porte plainte contre moi, ça pourrit ma réputation et je n’aurai plus de boulot.

— On est venus pour rien ?

— Mais non, maintenant je suis sûr qu’il nous a menti.

— Ce qui veut dire ?

— Ce qui veut dire que la lettre existe. Reste à savoir comment la récupérer.

— Ah, je vois que tu comptes quand-même la récupérer.

— Ben oui, mon client n’en attend pas moins de ma part.

— J’aurai pu le secouer et la question serait réglée.

— Après tout c’est peut-être la solution, faut que j’y réfléchisse.

— Moi j’aime bien secouer les profs.

Patrick fait allusion à un épisode d’une enquête précédente qui lui avait permis de secouer un professeur du Collège de France. Une histoire de rivalité entre le titulaire de la chaire de Littérature néobyzantine jaloux d’un ancien camarade normalien devenu auteur à succès, lui-même jaloux du cador académique. En secouant le premier, il avait récupéré un document que le deuxième recherchait parce qu’il pouvait compromettre sa carrière de machine à cash.

Nous remontons sur la moto et Patrick déclare que ce serait cool de rentrer par les petites routes vu que ça sent bon la campagne. Je m’abstiens de lui faire remarquer qu’il fait nuit étant donné qu’il peut s’en rendre compte tout seul et que ça va prendre beaucoup plus de temps que par l’autoroute. Je lui dit seulement que je vais avoir mal au dos. Il dit « ça c’est pas un problème » et après avoir trouvé une clé de douze dans une des boîtes à l’arrière, il démonte des trucs métalliques et chromés du côté de la cale, avec les lesquels il érige une structure qu’il installe derrière ma selle. Un dossier !

On remonte et il branche son portable sur la batterie du véhicule. Dans la nuit, l’écran fait bel effet. Et il réussit le tour de force d’obliger son application de trajet routier à éviter l’autoroute. « C’est un bonus qui coûte douze euros » m’apprend-il.

Plus on se rapproche de Paris, moins ça sent la campagne, mais cela ne m’empêche pas de ruminer sur la stratégie à adopter pour trouver la piste de la lettre. À vrai dire je sais à peu près où elle se trouve mais, peut-être serait-il instructif de savoir d’où elle vient. Dans le cas où cela me donnerait une idée pour savoir comment le récupérer.

Au milieu de la nuit je descends de la moto en me félicitant d’être aussi prêt de mon lit puisque me voilà devant chez moi.

Je sais ce que je vais faire: dormir puis au matin, après le café au lait avec ma petite famille, je téléphone à Michel. Mon cousin Michel, ancien professeur des universités, lui aussi, comme Dufour, mais dans un autre domaine: la civilisation anglaise.

Car c’est en Angleterre que Mandeville est venu s’installer en 1690, et c’est là qu’il a été actif, à la fois comme médecin mais aussi comme philosophe, économiste politique et satiriste.

Michel est un sage qui a su prendre sa retraite au moment opportun. Le moment opportun pour un type comme lui c’est celui où la lutte pour la survie devient tellement intense qu’il est temps d’arrêter. Les ennemis d’un professeur de faculté ne sont pas les étudiants contrairement à ce que le sens commun pourrait faire croire mais les collègues, car ceux-ci sont en compétition pour les bonnes places et ils se privent rarement d’utiliser tout moyen jugé approprié pour y parvenir. Le mensonge, la délation et même la brutalité physique faisant partie de ces moyens. Quand on dépassé la soixantaine ça devient fatiguant. C’est comme cela que Michel a pris sa retraite à un âge qui ferait rêver un travailleur manuel. Je le trouve en début de journée, heureux de ne plus devoir se rendre dans l’un des amphithéâtres de Paris IV et heureux, me semble-t-il, d’entendre la voix de son cousin. Nous échangeons quelques nouvelles à propos de la famille et le voilà qui me demande:

— Qu’est-ce qui me vaut le plaisir ?…

— Tu connais Mandeville Michel ?

— Bernard de Mandevile ? Oui, mais je ne suis pas un spécialiste… en plus je me suis laissé dire qu’on ne connait pas grand-chose de sa vie bien qu’il ait vécu au XVII ème siècle…

— Et au XVIIIème, il est mort en 1733. Tu connais des britanniques connaisseurs ?

— Ah, hem… bonne question… il faut que je réfléchisse… tu veux quoi exactement ?

— Des infos sur une lettre de lui, connue de pratiquement personne.

— D’accord, intéressant ton histoire, maintenant que tu m’y fais penser, je crois me souvenir qu’il était du genre sulfureux, non ?

— On a brûlé des traductions française sur la place de Grève, dix ans après sa mort.

— Bien, laisse-moi y penser et je te rappelle dès que j’ai trouvé des infos pertinentes.

Quel plaisir d’avoir un cousin à qui quelques mots suffisent pour comprendre un problème.

 

La place de Grève ? Où est-elle au fait ? Ou plutôt sur quel emplacement actuel se trouvait-elle ? Facile, c’est la place de l’Hôtel de ville dénommée aussi Esplanade de la Libération. Je décide d’aller y faire quelques pas, histoire de faire quelque chose qui soit en rapport avec mon affaire. Je constate qu’aucune statue de Jacques Chirac ou Bertrand Delanoe n’y a été érigée dans mon dos, car ces anciens maires de Paris auraient pu déclencher une fièvre commémorative dans les rangs des élus d’aujourd’hui. Je constate aussi que les passants n’ont rien de particulièrement inspirant, entre bobos, street warriors, immigrés et touristes. Difficile d’imaginer l’ambiance au XVIIIème siècle. Un stand sous toile, tenu par un barbu, affiche sa raison d’être, « SOS homophobie » et ne concourt pas non plus à évoquer le passé. Un passé moins favorable aux homosexuels qu’on faisait plutôt monter sur l’échafaud. Le barbu ne montre pas d’enthousiasme pour cette remarque dont je lui fais part en toute bienveillance puisqu’il avait l’air de s’ennuyer sans personne pour venir le consulter. Et dire qu’on a brûlé le livre de Mandeville ici-même !

Je vais vers la Seine en pensant à autre chose. À la proposition de Dufour. Puisque Dufour m’a proposé de travailler pour lui. Et je ne lui ai pas encore donné de réponse. Car aller dans le désert du Nouveau Mexique pour soutirer à un fou ses réflexion profondes sachant qu’il est protégé par des navajos, ça mérite réflexion. L’idée ne me déplait pas mais il faut bien dire que les chances de réussite sont bien minces. Et puis… Dufour… qui raconte des bobards sur sa lettre… il pourrait être tenté de m’envoyer là-bas pour m’éloigner de Brun. Pourquoi donc cette lettre leur tient-elle tellement à cœur ? Brun m’a offert une grosse somme, alors que Dufour devrait allonger aussi une belle somme pour m’envoyer sous le soleil du Nouveau Mexique.

 

Mon cousin Michel a cela de particulier qu’il aime créer des situations comme au cinéma. Sa mère nous a souvent raconté qu’il organisait des soirées à thème ou chacun se voit attribuer un rôle qu’il est tenu de jouer. Je me souviens de cette chasse à l’homme sur les quais de la Seine où il s’est fait arrêter par un peloton de policier dont je faisait partie. La comtesse victime du vol de ses bijoux s’appelait, en vrai, Sophie, une amie d’enfance, venue là avec un truand et deux inspecteurs. Nous pensions tous que sa vraie vocation était plutôt du côté de la comédie que de l’enseignement supérieur. Peut-être cherchait-il une petite compensation ? Ce qu’il me dit au téléphone indique une permanence de cette tendance:

— Tu connais Londres Léonard ?

— Qui connaît Londres ? C’est tellement grand.

— Oui bon, tu y vas demain.

— Tu as trouvé quelque chose ?

— Il faut que tu y ailles si tu veux savoir.

Mieux vaut jouer le jeu pour éviter une discussion embrouillée.

— Je t’écoute.

— Je t’ai retenu un petit appartement à Fulham.

— Ok, ça tombe bien, depuis le temps que je voulais connaître Fulham.

— Tu peux galèger mais je suis peut-être en train de te fournir la clé de ton mystère.

— Oui, cousin je sais et j’apprécie.

— Tu parle comme Neil Mc Bride.

— Un héros de film sans doute ?

— De série, « Goliath », tu l’as pas vue ?

— Non mais comment il parle ?

— Il dit sans arrêt « I appreciate ».

— Je vois et quand je serai dans cet appartement, il se passe quoi ?

— Tu profites de l’endroit et tu attends qu’on t’appelle.

— Ok merci Michel, j’apprécie.

Il glousse puis raccroche. Nul doute que mon activité professionnelle stimule sa propension à se faire des films (dans l’un desquels il me met sans m’avoir demandé la permission).

Le SMS qui suit me donne une adresse dans Lillie road.  (279)

J’ai déjà envie d’y être.

commentaires

Le problème avec les intellectuels, c’est qu’il sont intellectuels. Virgile Léon Blique

Publié le 18 Juin 2022 par Colonel Spontini

Le problème avec les intellectuels, c’est qu’il sont intellectuels. Virgile Léon Blique

N'oublie pas ta douleur - 3

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Le problème avec les intellectuels, c’est qu’il sont intellectuels.

Virgile Léon Blique

 

 

Dany Robert Dufour est un retraité de l’université française et de celle de Paris VIII plus précisément. Il souffre d’un affaiblissement physique général sans doute dû à une pratique sportive défaillante et même à un penchant limité pour la gymnastique. La puissance de l’esprit ne protégeant malheureusement pas de la dégradation corporelle causée par l’âge et l’absence de maintenance. La consommation d’alcool peut provisoirement fouetter l’enthousiasme mais, à terme, elle débouche sur des effets délétères. Certes, si l’on est sobre, on n’en est pas moins mortel mais on peut espérer arriver sur son lit de mort en bonne forme.

L’homme que j’ai en face de moi n’est pas sur son lit de mort mais assis dans un fauteuil peut-être aussi vieux que son grand-père si celui-ci vivait toujours, mais ce n’est pas la forme. Il détaille les assauts de la maladie, ou plutôt des maladies et autres infirmités, l’obligeant à partager une bonne partie de son temps avec le corps médical. Il finit par conclure par un « Mais je vous ennuie avec tout ça, vous n’êtes pas venu me voir pour que je vous raconte mes tracas de santé » puis après une courte réflexion « Mais au fait, pourquoi êtes-vous venu me voir ? ». Ma tactique est de jouer franc-jeu, sans manoeuvre d’approche plus ou moins feutrée, avec l’objectif d’observer les réactions de mon hôte. Le langage des expressions et des corps peut s’avérer des plus instructif. Je me souviens du type qui se grattait le coude droit avec les ongles de sa main gauche lorsqu’il se mettait à mentir. Cela m’a permis de mettre la main sur l’unique exemplaire d’une carte pétrolifère d’un coin perdu quelque part au Texas.

— Votre travail sur Bernard Mandeville m’intéresse grandement et j’ai lu Baise ton prochain, une histoire souterraine du capitalisme avec tellement d’intérêt que je l’avais finis le soir même.

— C’est un compliment qui me fait plaisir.

— Mais, il se trouve que j’ai appris l’existence d’une lettre dans laquelle il va encore plus loin que ses Recherches pour développer sa théorie.

Dufour se renfrogna:

— C’est Brun qui vous a dit ça !

— Oui.

— Il aurait mieux fait de se taire.

— Il veut cette lettre.

L’expression de Dufour se fige en une mini congestion lui rosissant le teint mais son corps douloureux ne reste pas au repos, il remue dans un sens puis dans l’autre, offrant ainsi une illustration parlante d’un malaise avéré.

— Je vais vous dire une bonne chose monsieur… Heu…

— Zantor.

— Oui. Ce monsieur Brun se base sur mes propos émis lors d’une soirée très alcoolisée. Du whisky en plus. Et quand on a bu la moitié d’une bouteille de whisky, on dit n’importe quoi et… ce soir-là, j’ai dit n’importe quoi.

— Mais vous vous êtes parlés au téléphone dans les jours suivants.

— Bah… je voulais m’assurer qu’il ne m’avait pas cru mais il semblerait que ce n’est pas ce cas.

— Elle existe cette lettre ?

— Si elle existe, je ne l’ai pas en ma possession mais sachez que je n’en ai pas eu le moindre écho en menant mes recherches sur Mandeville.

 

Les paroles de Dufour me chante une chanson alors que le reste de son individu me danse le contraire.

 

— Je vous crois monsieur Dufour, si quelqu’un sait quelque chose sur cette lettre et sur la vie de Mandeville, c’est bien vous et personne d’autre. Peut-être que monsieur Brun s’est laissé emporter par une imagination pleine d’enthousiasme pour aboutir à une conviction erronée.

 

Dufour me scrute pour mesurer ma sincérité et après une légère hésitation, il se détend et me donne ainsi à croire qu’il me croit.

 

Bon, ben voilà, je viens d’obtenir ce à quoi je m’attendais. Dufour pense qu’il m’a peut-être convaincu alors que, de mon côté, je pense qu’il ne m’a peut-être pas convaincu.

On fait quoi maintenant ?

Je songe à me retirer.

 

— Parlez-moi de votre métier monsieur Zantor, cela m’intéresse beaucoup.

— Je présume qu’il ne vous a pas échappé que ma présence devant vous est d’ordre professionnel. Si je recherche la lettre dont nous avons parlé, c’est parce que je suis payé pour la retrouver et plus généralement pour rechercher tout autre type de document. On me sollicite quand tous les autres moyens pour les retrouver ont été épuisés en vain. C’est ainsi que, dans le passé, j’ai suivi la piste d’un testament, d’un livre en édition originale et d’une carte postale aux propriétés surprenantes.

— Et vous les avez retrouvés ?

— Oui, en général je mets la mains sur les documents perdus ou cachés.

J’observe un mouvement de désagrément ainsi qu’une expression qui se ferme.

Dany se lève péniblement en me proposant quelque chose à boire. Pour ne pas rompre une sociabilité naissante avec un type réellement passionnant, j’accepte son coca et nous voilà à trinquer avec un liquide noirâtre plein de bulles. Heureusement qu’il est « sans sucre » mais pas sans aspartam. Son livre sur Mandeville m’a vraiment passionné et je reste avec lui, certain de ne pas perdre mon temps.

— Vous travaillez toujours ?

— Je suis en retraite, honoraire comme on dit, et comme tous les types de mon espèce, je continue d’écrire des livres et d’écumer les amphithéâtres où ont lieu des séminaires.

— Vous avez écrit beaucoup de livres.

— Oui et celui que vous avez lu a été suivi par trois autres titres.

— Je vois que la page blanche ne vous impressionne pas.

— Pas du tout, je crains même de finir mes jours sans avoir conclu tous les projets qui me trottent dans la tête.

— Comme quoi par exemple ?

— Sur quoi je rumine en ce moment ?

— Oui.

— Vous avez remarqué que Baise ton prochain n’est pas particulièrement optimiste.

— En effet.

— J’ai pondu pas mal de titres sur les méfaits du neolibéralisme. Très déprimant. Dans le dernier je développe l’idée que l’échappatoire à la consommation sans freins et à toutes les aliénations qui vont avec, est la radicalité purificatrice. Le genre de comportement qui va tout droit vers la guerre civile.

— Très déprimant.

— Alors je me suis dit qu’au lieu de tomber dans l’alcoolisme, comme avec Brun, il faut trouver le chemin pour sortir de l’alternative morbide. Je travaille la dessus en ce moment. Pour la première fois depuis longtemps, je redeviens optimiste. Mes amis pensent que je suis gâteux.

— Brun m’a dit que vous aviez apprécié son whisky japonais.

Sans dire un mot, il se lève péniblement pour aller dégotter deux verre à remplir avec le contenu ambré d’une bouteille ornée d’idéogramme nippons.

— Je lève mon verre à votre projet.

— Merci, heureux de trinquer avec vous.

— Vous pensez terminer quand ?

— Impossible à dire. Pour deux raisons: la première n’est pas difficile à comprendre, elle tient à mon état physique qui n’est pas brillant et à propos duquel je ne sais pas combien de temps il restera à un niveau acceptable.

Il boit un peu de son verre le repose et réfléchit avant, sans doute, de m’exposer la deuxième raison.

— La deuxième raison est plus bizarre…

Silence et respiration, Dufour sait ménager ses effets. Je laisse venir. Il ne faut pas interrompre un intellectuel en train de penser car il aura toujours quelque chose à dire, et il le dira toujours, tôt ou tard.

Il reprend:

— Je m’appuie sur les travaux d’un philosophe américain du nom de Klugerman, Othon Klugerman. Un collègue en quelque sorte. Je l’ai rencontré autrefois dans des congrès. Il a écrit huit ouvrages fondamentaux dont le fameux Essais pour une anthropologie de l’intériorité . Sa pensée nourrit ma propre réflexion et j’écris mon livre à partir de ses conceptions, mais il y a un problème…

Nouveau silence respiratoire, pour me donner le temps d’imaginer quel genre de problème, avec la quasi certitude d’imaginer n’importe quoi. Heureusement qu’il reste du whisky dans le verre, il remet du carburant dans la machine, puis:

— Quel problème ? dis-je pour démontrer la qualité de l’attention que je lui porte.

— Il a arrêté d’écrire.

Dit de but en blanc.

Je relance:

— Et ?… quel est le problème ?

— Un problème épineux.

— Pourquoi ?

— Parce qu’il n’a pas arrêté de penser.

— Et ?

— Ben… on ne sais plus ce qu’il pense.

— Vous ne pouvez pas lui parler ?

Nouveau silence durant lequel les verres se vident.

— Il vit en ermite au Nouveau Mexique.

— Il ne veut voire personne ?

— Aucune communication possible.

— Et si on va sur place ?

— Il y a un Navajo qui patrouille en permanence. Il leur parle dans leur langue.

Silence. Cette fois à cause de moi. Puis:

— Mais, on sait ce qui lui a pris de partir dans le désert ?

— Il y a des rumeurs.

— Des rumeurs ?

— Oui, des anciens collègues, des connaissances, quelques uns des rares membres de sa famille… il parait qu’il a fait…

Brusquement Dufour se met à tousser de façon irrépressible, une toux de la mort, venue du fond de ses entrailles et puissamment répétitive, une toux qui n’en finit pas. S’il avait voulu ménager ses effets, il ne s’y serait pas pris autrement.

Je compatis et j’attends. Finalement, une voix amoindrie me dit:

— Qu’est-ce que je disais ?

— Vous disiez « qu’il a fait ».

— Ah oui, il parait qu’il a fait une découverte.

Et la toux reprend, comme pour achever mon malheureux vis-à-vis.

Dans un silence crachotteux je lance:

— C’est pour ça qu’il est parti dans le désert ?

— Il parait.

Ça mérite une nouvelle rasade de Rishuko.

— Il a eut une idée géniale ? Tellement géniale qu’il ne pouvait en parler à personne ?

— Peut-être.

— Vous n’en savez pas plus ?

— Non mais j’aimerais bien.

— Je comprends.

Nous nous regardons puis, Dufour fait :

— Hmmm.

— Ça va mieux la gorge ?

— Oui, oui c’est passé. Ça m’arrive tous les jours. Heu… monsieur Zantor, vous êtes

libre maintenant ?

— Ben… cette histoire de lettre…

— Est terminée puisqu’elle n’existe pas.

— Mon client va être déçu, mais bon, ainsi soit-il.

— Est-ce que vous rechercheriez l’équivalent d’un document écrit ?

— Précisément ?

— Klugerman, c’est l’équivalent d’un document écrit. S’il livre oralement le fond de sa pensée, c’est comme s’il le couchait dans un livre.

— Vous voulez que j’aille voir Klugerman ?

— Vous m’avez dit que vous trouviez toujours ce que vous cherchiez.

— Et là, il faut chercher quoi, Klugerman ?

— Non, la découverte de Klugerman.

commentaires

— C’est l’aube qui point — Alors tout est possible. Orescu Reddu

Publié le 11 Juin 2022 par Colonel Spontini

— C’est l’aube qui point — Alors tout est possible. Orescu Reddu

N'oublie pas ta douleur - 2

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— C’est l’aube qui point

— Alors tout est possible.

Orescu Reddu

 

C’est le début de la fin de l’été. L’air est poussé par le vent chargé en humidité et en odeurs de campagne. Odeur de terre, d’herbes, de vieux arbres, et le chemin pavé sur lequel je marche doit exister depuis l’Ancien Régime. L’alignement des pavés sinue en formant une surface accidentée avec de l’herbe dans les interstices. Des feuilles mortes sont déjà par terre et je me préoccupe de ne pas écraser les limaces. Il reste des feuilles vertes accrochées aux branches et le vent les fait bruire. Ce qui me fait frissonner. C’est agréable. Cela me fait toujours frissonner et je parie qu’il en est de même pour mes semblables. L’automne qui nous guette ajoute une note de tristesse et en même temps que cette pensée me vient, une hirondelle lance son cri, comme si elle attendait l’occasion dans les coulisses. La légèreté de l’été se transforme lentement en solennité jaune et rouge.

Soudain, j’ai devant moi une maison qui m’inspire immédiatement un sentiment d’étrangeté.

Pourquoi ?

À cause du jardin ? Il est mal entretenu certes, mais il est quand-même entretenu. Juste ce qu’il faut.

La façade est délabrée ? Elle pourrait être rafraîchie certes mais le propriétaire a dû estimer inutile de se précipiter, avec raison. Cela lui donne un air vénérable.

Serait-elle abandonnée ? Sans doute pas, pour deux raisons: les vitres des fenêtres sont propres et j’ai rendez-vous ici-même. Mon hypothèse étant que le monsieur que je viens voir habite le lieu.

Avant d’avoir trouvé la solution, le monsieur est là, sur le perron.

Un grand type maigre, au teint clair, avec une longue écharpe pendante, sur une chemise bleu clair et un petit gilet brodé de plusieurs couleurs. Pantalon noir et souliers brun impeccablement cirés. Le reste de sa tenue est tout aussi impeccable, y compris la casquette irlandaise sur son crâne. Il tient ses lunettes dans la main droite comme s’il venait de les retirer de sa vue.

— Monsieur Zantor je présume ?

— En personne, vous êtes monsieur Brun ?

— Il n’y a que moi dans les parages. Entrez donc.

Il suit en m’indiquant le salon à droite où sont disposés des fauteuils de cuir marron. Le bois domine, du parquet aux étagères chargées en livres et souvenirs divers. Je suis frappé par les tableaux, cinq en tout, accrochés aux murs car je reconnais des oeuvres d’Odilon Redon et Gustave Moreau. Je les examine pour constater qu’il s’agit d’originaux. Et cela déclenche des réminiscences qui peinent à atteindre ma conscience.

— Des Esseintes.

— Pardon ?

— Ça vous rappelle la maison de des Esseintes.

— Heu…

Mais oui, c’est cela que ça me rappelle la maison de des Esseintes dans….

— Huysmans.

— Oui, c’est ça, attendez laissez-moi retrouver le titre…

Cela vient vite:

— Ah oui… À rebours.

— Bravo, je vois que vous avez des lectures.

L’écrivain français Huysmans a écrit À rebours en … où le personnage central des Esseintes se retire dans une maison à … qu’il décore méticuleusement et parmi ses choix, Redon et Moreau. L’écrivain s’étend longuement sur les raisons de ce choix, des sensations uniques et profondes.

— Vous ressentez comme des Esseintes ?

— Non, rien à faire mais je garde les tableaux parce qu’ils vont bien avec les panneaux de bois derrière.

Un léger silence s’installe. Il m’a toujours semblé que deux êtres qui se trouvent ensemble avec embarras sont plus sages d’accepter le silence plutôt qu’une débauche verbale. Mais, au fond, on fait comme on peut.

— Vous voulez quelque chose à boire ?

— Vous avez du thé ?

Il se lève pour atteindre une théière fumante sur un guéridon qu’il vide dans deux tasses disparates.

— Moi aussi j’ai arrêté de boire, je n’avais pas le choix, je ne suis pas tout seul, je dois penser aux miens.

— Comment avez-vous compris que je ne bois plus ?

— J’ai deviné.

Ce type me plait bien et j’espère que je vais travailler pour lui.

J’attends en buvant le liquide.

— On m’a dit que vous avez cherché une carte postale.

— Oui, une affaire compliquée, mais en général mes recherches ne se passent pas simplement loin de là.

— Et le Michelet ?

— Oh, ça fait longtemps. Là aussi ça ne s’est pas fait tout seul, j’ai visité un coin de Mongolie.

— Ça valait le coup ?

— Oui, mais le livre n’y était pas.

— Vous les avez trouvés au bout du compte.

— Votre remarque contient un voeux n’est-ce-pas ?

— Tout juste, j’espère que vous allez trouver le document que je convoite.

— C’est mon job, j’y mets un point d’honneur et accessoirement j’entretiens ma réputation.

Dans le silence, un oiseau fait entendre son pépiement auquel répond un autre oiseau. Une femelle qui se fait courtiser ? À moins que les rôles soient inverses ? Nous vidons nos tasses en dépit d’un breuvage devenu tiède.

Brun se lance:

— Vous savez bien sûr quel roi régnait en France en 1745.

— Oui, Louis XV.

— À cette époque, les parisiens ne s’ennuyaient pas… aujourd’hui on a les Journées du Patrimoine, à l’époque on avait les exécutions. Tout le monde assistait aux exécutions y compris les enfants à cause du côté éducatif. Il y en avait presque tous les jours. Ce jour là, sur la place de Grève, il y avait la foule des amateurs qui attendait le spectacle avec impatience. Personne sur l’estrade surélevée du supplice de la roue, par contre par terre, on finissait d’entasser les fagots d’un bûcher. Du bois bien sec susceptible d’enflammer efficacement les chairs du condamné. Mais les observateurs plus avisés que les autres, s’étonnaient de ne pas voir le poteau pour l’attacher. Ils craignaient donc qu’au lieu d’un humain, ils ne soient réduits à voir brûler une bête, le plus souvent un porc. Les actes sexuels contre nature se produisaient souvent avec des porcs ou des truies. Il faut dire que parmi les animaux domestiques de l’époque, ils étaient largement majoritaires, avec les vaches, et certaines vaches ont fini leur jours de la même manière.

Comme d’habitude, il y avait du retard et le soleil qui tapait dur excitait l’attroupement en train de grossir au fur et à mesure que le temps passait.

Soudain vers quatre heures, on entendit le roulement de la charrette du condamné arrivant lentement. Plus c’était lent, plus l’on pouvait jouir du visage congestionné par la peur du condamné. Mais cette fois-là, si l’on apercevait bien le cocher et le bourreau, on ne voyait aucun condamné. Rien, même affalé par terre comme cela arrivait parfois, aucun supplicié en puissance. C’était très décevant et certains commençaient déjà à songer rentrer chez eux.

Puis, en s’approchant de plus près, il fallut se rendre à l’évidence, une évidence qui se propagea presque instantanément, il y avait bien quelque chose dans la charrette mais ce quelque chose n’était qu’une caisse de livres. Encore un autodafé ! entendit-on, lancé avec lassitude. Et il ne resta pas grand monde pour regarder le bourreau placer la caisse sur le bûcher, pendant qu’un homme en uniforme proclamait, au nom du roi, qu’il s’agissait des exemplaires d’un livre blasphémateur et même diabolique, condamnés à la mise à l’index et à la destruction après procès en bonne et due forme. L’assistance ne prêtait qu’une oreille distraite pour une raison simple: personne ne savait lire. Le bourreau finit par empoigner une torche allumée et mit le feu au bûcher. Dix minutes suffirent pour que les 65 exemplaires des Recherches sur les origines de la vert morale partent en fumée.

D’un immeuble voisin, au troisième étage, un rideau frémit en retombant. Un cardinal avait assisté à toute la scène. Celui-là même qui avait convaincu le roi d’éradiquer le livre maudit.

 

Brun fit une pause. Et je lui demande s’il parle du livre de Bernard de Mandeville.

 

— Tout juste ! De sa traduction en français, parue en 1740

— Ce n’était pas La fable des abeilles ?

— Si, le livre contenait La fable des abeilles le texte le plus connu mais il y avait en plus un poème écrit en 1705, vingt Remarques sur la Fable et Recherches sur les origines de la vertu morale .

— Vous voulez que je retrouve un exemplaire ?

— Vous ne risquez pas d’en trouver, il n’y en a plus.

— Allez savoir.

— Bien sûr, mais si l’on cherche, on ne trouve pas. J’ai parlé avec Dany-Robert Dufour, le grand et unique spécialiste de Mandeville en France et il m’affirme bien qu’il n’y a plus un seul exemplaire, même dans des collections privées. Il y a plein d’éditions postérieures, encore aujourd’hui on peut trouver La fable en livre de poche ou même les Recherches, mais plus d’édition originale.

— Que voulez-vous alors ?

 

Brun se rencogna dans son fauteuil en lorgnant la vitrine d’une armoire, avec une expression comme s’il avait voulu y voir une bouteille de whisky.

Il prit son temps. Je n’étais pas pressé. Le jours commençait à se dissiper. Il se leva pour allumer la lampe à côté de lui.

— Mandeville était britannique, il vivait à Londres jusqu’en 1733, date de sa mort, il avait 62 ans. On sait peu de choses sur lui parce que nombreux ont étés ceux qui auraient voulu qu’il n’ait jamais existé. Ses écrits ont étés ignorés et rejetés jusqu’à aujourd’hui. Ils avaient une réputation d’être diaboliques, aujourd’hui on dirait « nauséabond ». Donc ses oeuvres sont devenues presque invisibles et… lui avec. La fable des abeilles développe l’idée que les vices privés font la vertu publique. Les Recherches vont beaucoup plus loins en prétendant que les crapules, les « pires d’entre nous » sont nécessaires au bon fonctionnement de la société et que c’est même la volonté de Dieu. Le plus cocasse dans l’histoire c’est que Mandeville a inspiré Adam Smith et plus tard Hayek pour l’aspect psychologique, et ces deux-là, on peut dire que leurs idées sont omniprésentes aujourd’hui.

Le destin de l’homme-diable, man-devil.

Mon hôte laisse sa machinerie cérébrale s’activer sur la suite.

— Mais… un jour… Dufour est venu ici… il était assis là où vous êtes assis… exactement…

Je ne dis rien, sachant qu’un homme traduisant en direct les pensées qui cheminent dans sa tête ne doit pas être interrompu. Brun se leva brusquement pour sortir de la pièce. J’entends des bruits d’ustensiles de cuisine puis il revient avec de l’eau chaude dans un thermos et du café soluble.

— Vous en voulez ?

— Oui.

Son affairement stimule ses pensées.

— Du sucre ?

— Non, merci.

En me tournant le dos, il reprend:

— Nous avons bu la dernière bouteille de whisky qui me restait, un excellent japonais, on s’est soulé tout naturellement, vous auriez vu ça !

Il vient se rasseoir en pensant à cette fameuse soirée.

— Je pouvais lui faire dire tout ce que je voulais ! Mais… ses exploits sexuels qu’il tenait beaucoup à me conter ne m’intéressaient pas. Il finit par s’en rendre compte et chercha un autre sujet pour m’épater. Les gars bourrés aiment bien épater leur auditoire. Et après son quinzième verre, il me dit: « Y’a un truc sur Mandeville que personne ne sait ». Je ne marquait pas trop mon intérêt. « Y’a que moi qui le sait ». Il me tendit son verre vide.

— Ça a l’air foutrement important ce que tu me dis là Dany.

Ma réaction lui plût, il avait capté mon intérêt admiratif.

— Mais je ne peux rien dire….

— Il me tenait la dragée haute. J’étais le jouet du secret que lui seul connaissait. Peut-être qu’un verre de plus… Il fut vite vide et je jouais le jeu en l’implorant de me dévoiler le mystère. Il fallut du temps, beaucoup de temps, le temps pour un serment de finir dilué dans l’alcool. Il capitula à une heure du matin. Il me dit « J’ai une lettre de Mandeville » et puis « personne ne le sait » et encore « une lettre stupéfiante » et enfin « ça va beaucoup plus loin que les Recherches ». Et il s’est endormi d’un seul coup ! Il a ronflé tout de suite !

 

Il se fait une nouvelle tasse de café soluble. À ma montre il est bientôt une heure du matin.

— Vous pouvez dormir ici si vous voulez.

— Merci, et ensuite ?

— Ensuite ? Il a émergé vers midi avec un gros doute en tête. Il essaya de me faire parler mais je ne tenais pas à sortir du flou, d’autant que j’avais aussi du mal à émerger. Cela l’agaça puis le mit en colère et au bout du compte, il partit en claquant la porte. Il savait qu’il en avait trop dit mais il ne savait pas si j’avais capté. Il m’a appelé dans la soirée pour essayer de tirer ça au clair mais j’avais capté et je restai évasif. Il devint grossier et raccrocha brusquement. Le lendemain, je l’ai rappelé pour lui dire la vérité et affirmer qu’il pouvait compter sur ma discrétion mais rien n’y fit. En fait il était en colère contre lui-même. Depuis je ne l’ai jamais revu ni jamais reparlé.

— Vous êtes fâchés ?

— Moi non mais lui oui.

Je laisse un silence s’installer, je regarde Brun, il me regarde:

— Et vous voulez cette lettre.

— On ne peut rien vous cacher.

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7 mai 1940: l'avenir de la France n'est pas réjouissant

Publié le 4 Juin 2022 par Colonel Spontini

N’oublie pas ta douleur - 1

7 mai 1940: l'avenir de la France n'est pas réjouissant

Le capitaine Morlet marchait sur le sol bitumé en humant lair avec plaisir. Lair doux dun début de mois de mai, mélange dodeurs de prairies et dessence. Il écoutait le son de ses pas en respirant à grandes volutes. Il passa devant quatre avions rangés en ordre de décollage en saluant les silhouettes qui saffairaient autour. Mais cest vers un autre avion quil se dirigeait, un avion entouré dune petite foule dont les membres se retournèrent pour le voir arriver. Il y avait là, bien sûr, son copain, son alter ego, son frère pilote Martial.

— Il est encore plus beau que je ne croyait !

— Tu es un sacré chanceux, mon vieux ! Ajouta ladjudant Lemoine.

Et ainsi de suite car tout lescadron était là pour admirer le nouvel appareil qui venait darriver et féliciter Morlet davoir le privilège d’être le premier à accomplir sa mission à ses commandes.

Son mécanicien attitré, Labarbe était là aussi bien sûr. Il avait soulevé le capot et ce quil avait vu lui écarquillait les yeux de façon comique.

— Mon Capitaine, une bête comme ça, cest la première fois quen jen vois une ! Vous allez vous amuser !

Morlet prit du recul pour contempler le chasseur tout neuf orné des cocardes tricolores et fondit damour en suivant de loeil ses formes puissamment aérodynamiques.

Quelle beauté !

Le pilote de lusine commençait à lui chuchoter dans les oreilles à quel point il était maniable, réactif et rapide.

 

— Une photo, une photo ! Se mirent à réclamer tous les hommes rassemblés là.

 

Rémy avait apporté son appareil photo et bientôt la compagnie posait devant le bel oiseau qui venait de se poser sur la piste de la base aérienne de Metz, un Dewoitine D. 520.

 

Le colonel Berton de la Lignardière, commandant de la base regardait la scène de loin dans la tour de contrôle. Il avait voulu voir de ses yeux l’atterrissage du Dewoitine. Il venait de passer deux mois à harceler le Grand Quartier Général Aérien pour « toucher » un 520 le plus vite possible en espérant que d’autres suivraient. Il savait que son escadrille de Morane-Saulnier 406 n’était pas capable de résister aux Messerschmitt et faire monter ses hommes dans l’un d’eux lui donnait la vive sensation de le conduire dans un cercueil. Il savait aussi que la Drôle de Guerre s’arrêterait un jour et ses intestins lui suggéraient que ce jour était proche. Depuis le début de la Drôle de Guerre son système digestif ne le laissait plus en paix.

Le colonel Berton n’était pas optimiste.

Pourtant l’air était doux et sentait la prairie ainsi que l’essence B des chasseurs de la base.

 

Morlet regarda sa montre puis le ciel qui commençait à s’assombrir. L’heure du départ.

 

Le colonel avait permis au fougueux capitaine d’évaluer le nouveau chasseur tout en effectuant sa mission. Une mission d’une stupidité insigne ! Il était écrasé d’une stupéfaction sans nom en pensant à cette mission. Certes Morlet ne risquait pas tellement de se faire descendre, surtout aux commandes du nouveau coucou, mais nom de nom, pourquoi aller larguer des tracts de propagande au dessus de la Ruhr ? On était le 7 mai 1940 et elle était remilitarisée depuis belle lurette ! Qu’espéraient-ils en haut lieu ? Une rébellion des trouffions boches ? Des civils ? Absurde !

 

Il observa le D 520 prendre sa position de décollage sur la piste.

 

Morlet poussa les gaz au maximum et l’avion accéléra rapidement jusqu’à ce que ses roues quittent le sol avant de se replier dans les habitacles sous les ailes.

Le capitaine Morlet mit le cap sur le nord sous les yeux de son commandant et dans les lueurs déclinantes du jour.

 

Il monta progressivement à 5000 m tout en laissant libre cours à ses sensations, des sensations de plaisir. La réponse tout en fluidité du manche, les vibrations régulières du moteur, le chauffage qu’il venait de mettre en marche.

Sa radio fonctionnait bien mieux que sur le Morane. Il parla dans son micro:

 

— Palier à 5000, pas de surchauffe du radiateur, vitesse nominale, à vous.

— Compris numéro 33, je coupe.

 

Il avançait à plus de 500 km/heure comme son cadran le lui annonçait sans ambigüité. C’était donc vrai, le 520 dépassait les 500 !

C’est ainsi qu’en trois quarts d’heure, il survolait Bochum, son objectif. Il descendit à 400 m et grâce aux lumières autour de la gare, il largua ses tracts. Proche de la gare se trouvait une des plus grosses caserne de la région. Mais aucun appareil ennemi ne se manifesta. Il reprit de l’altitude dans la nuit.

 

Dans un vol de nuit que voit-on à travers le cockpit ?

On voit la lune et les étoiles s’il n’y a pas de nuages, comme cette nuit, et en bas, on voit la lumière des agglomérations. C’est une façon de se repérer. Les lumières d’une ville se présentent, la plupart du temps, sous forme de tâche plus ou moins arrondie, parfois allongée.

Mais ce que Morlet était en train d’observer à présent était tellement allongé que ce ne pouvait pas être une ville. Cela ressemblait à un serpent, un serpent lumineux dans la campagne. Il descendit pour mieux se rendre compte et il n’avait pas fini de longer le serpent que des Bf 109 vinrent l’attaquer. Il vira rapidement et prit de l’altitude. Les Messerschmitt le mitraillaient. Il esquiva grâce à l’extraordinaire maniabilité de son Dewoitine. Il riposta même. En pleine nuit ! Puis grâce à un piqué qui lui fit atteindre sa vitesse maximale il s’évanouit dans le noir.

 

Il appela sa base:

— Je viens de repérer une concentration exceptionnelle de véhicules, un embouteillage !

— Quelle longueur ?

— Plus de cent kilomètres !

— Vous êtes sûr ?

— Certain.

— Position ?

— Frontière luxembourgeoise, je vous envoie les coordonnées.

— Direction ?

— Les Ardennes, à vue de nez !

— Et le 520 ?

— Le radiateur chauffe ! J’ai ralenti…

— Revenez-nous entier capitaine.

 

Il vola encore une bonne demie-heure avec des sensations nouvelles dues aux pensées terriblement inquiétantes qui l’envahissaient peu à peu.

Inquiétantes parce qu’il ne comprenait que trop bien la signification de ce qu’il venait de voir.

 

Il signala son approche de la base et les balises lumineuses s’allumèrent le long de la piste.

Il tint une trajectoire élégante avant de se poser, deux virages coulés et un mouvement vers le sol tout en amortissement contrôlé.

 

Labarbe qui l’attendait sur le tarmac murmurait: « Pas de doute, il a signé son atterrissage, c’est bien lui ».

L’avion arriva devant le hangar, Morlet avait déjà ouvert le cockpit et l’hélice tournait encore qu’il descendait l’escabeau avancé par son mécanicien.

 

— Y’a du grabuge mon capitaine ?

— Non mais ça ne va pas tarder. Tu es au courant ?

— Tout le monde en parle ici, personne ne dort. Le commandant vous attend.

 

Le capitaine ne rendit immédiatement chez le colonel.

Si l’on voulait personnifier l’Anxiété sous les traits d’un officier supérieur à l’aube du 8 mai 1940, il suffisait de prendre le chef de la base aérienne de Metz.

Il fumait, comme la plupart des hommes et l’odeur de son bureau témoignait de la multitude de cigarettes déjà consommées. Il était debout et Morlet se demanda depuis combien de temps il tournait en rond, son intestin ne devait pas être en meilleur état.

 

— Rompez capitaine, on va parler entre hommes.

 

Le pilote accepta une cigarette pour manifester sa solidarité.

 

— Ils me refusent une reconnaissance !

— Le GCGA ?

— Alors des bombardiers vous pensez !

— Sapristi, mais j’ai vu un embouteillage de plusieurs kilomètres !

— Je leur ai dit.

— J’ai été attaqué par des 109, c’est bien la preuve qu’ils ne voulaient pas que je sois là !

— Je sais, je leur ai tout dit.

— Pardonnez-moi mon commandant, mais depuis que vous leur avez transmis le renseignement, vous n’avez reçu aucun ordre ?

— C’est exactement ce qu’il s’est passé Morlet, c’est à dire rien.

 

Ils s’assirent simultanément et leurs épaules s’affaissèrent.

Derrière le colonel, une carte de grandes dimensions représentait la région. Sur la frontière nord-est du Luxembourg des punaises à têtes vertes avaient été plantées en grand nombre et quelqu’un avait marqué d’une flèche verte incurvée la direction des Ardennes avec un gros point d’interrogation au dessus.

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Il miracolo ou comment un espoir de miracle se transforme en cauchemar

Publié le 5 Mai 2022 par Colonel Spontini

Il miracolo ou comment un espoir de miracle se transforme en cauchemar

« Il miracolo » ou comment un espoir des miracle se transforme en cauchemar

Série Netflix en 8 épisodes

Création Niccolo Ammaniti

Scenario: Niccolò Ammaniti, Francesca Manieri, Francesca Marciano et Stefano Bises

 

 

Une bonne histoire débute sur des prémisses alléchantes de telle sorte qu’elles vont nous faire attendre la suite en engendrant jubilation et impatience. Si c’est celle d’un avocat déclassé, en proie aux démons de l’alcool, méprisé par sa fille qui a choisit de vivre sous le toit de la mère divorcée, ça commence plutôt mal et l’on peut être sujet au bâillement voire à la tentation de regarder autre chose. Mais si l’histoire commence avec un premier ministre italien, qui a une tête de premier ministre italien, et dont le chef de l’armée détient une statue de la vierge qui pleure du sang, ça devient plus excitant. D’où vient-elle ? Comment expliquer ce sang qui n’arrête pas de s’écouler ? Surtout si on n’est pas croyant, comme ne l’est pas ce chef de gouvernement progressiste qui prépare un référendum sur la sortie de l’Italie de l’Europe (il milite pour le « oui », soit rester dans l’Europe). Il y a un prêtre corrompu et lubrique poursuivi, depuis des années, par un amour de jeunesse qui n’a partagé son intimité qu’une fois autrefois. Il y a la première Dame et les enfants. Et toute une brochettes d’autres personnages qui mettent du beurre humain dans ce drame qui pourrait être parfois comique, mais qui ne l’est pas et qui est parfois surnaturel mais sans plus. Plein de prémisses excitantes mais qui restent en l’état. Les personnages et les situations stagnent dans l’état où ils étaient au départ. La jolie biologiste militaire blonde, en charge de lever le mystère de ce sang issu d’une statuette en plastique, en fait analyser l’ADN. Et puis son jeune collègue propose de soumettre le résultat à une app grand public qui en donne un visage. Un inconnu. Recherche dans les bases de données. On trouve un type qui correspond, Tarek Amin. Mais on comprend vite que ce type n’est pas gentil. D’abord il parle français. Ensuite il fait du traffic humain, d’africains que l’on découvre sur un chantier sans savoir ce qu’ils font là. Une femme issue de la diversité se retrouve à l’état de cadavre et Tarek le français l’enterre avec une pelleteuse. Mais la biologiste l’approche quand-même car elle veut son ADN. Elle repart avec un mégot et une expérience glauque. Ce n’est pas l’ADN de la vierge. On fait quoi maintenant ? Demandent les scénaristes à Niccolo. Il reste encore trois épisodes. J’ai une idée, dit Niccolo. On t’écoute, disent Francesca, Francesca et Stefano. Et Carlo, le fils du premier ministre, petit garçon mignon et gentil comme n’importe qui voudrait l’avoir comme fils, se retrouve à l’hôpital, entre la vie et la mort, à cause d’une créature qui nageait dans la piscine de sa grand-mère. Toute l’Italie soutient le premier ministre et sa famille. Un espoir national qui fait sérieusement remonter le moral du spectateur. Et Carlo sort de la salle d’opération vivant. Il est solide dit le chirurgien après onze heures d’opération. Eh bien, croyez-le si vous voulez mais Niccolo et sa bande de vauriens fait mourrir le gamin. C’est littéralement et moralement abject. Car l’intention réside probablement dans la nécessité de relancer l’intrigue. Cette irresponsabilité morale est une tare que Tarentino avait déjà utilisé dans le passé en jouant avec nos émotions de façon inconsidérée. Ensuite on espère quand-même une interaction entre la vierge qui pleure et Fabrizio, le premier ministre ou Marcello le prêtre ou Salvo le mafieux ou tout autre acteur de cette histoire, mais rien de décisif ne se produit, on reste dans la confusion. La fin de cette histoire est encore plus confuse que le début. Elle n’est pas particulièrement mystérieuse, par contre elle est particulièrement confuse. À la fin, sachez-le, Fabrizio qui vient de perdre son petit garçon, laisse sa femme et sa fille entrer dans une secte logée dans une sphére et jubile de sa victoire du « oui » au référendum. Personnage désespérant tout autant que la perspective de rester dans l’Europe.

« Il miracolo » ne mérite pas son nom car aucun miracle ne se produit, par contre, l’ensemble de cette saison qu’on espère unique produit une déprime et un abattement philosophique certains. Les caractères sont médiocres, l’imagination des auteurs est médiocre et le résultat peut être considéré comme une contribution à l’autodénigrement franco-européen dont nous sommes victimes depuis des décennies car elle démolit un peu plus la vision que nous pouvons avoir de nous-même. Comment pouvons-nous nous projeter dans un avenir prometteur avec des histoires aussi démoralisantes. Quand le pessimisme remplace le talent cela donne « Il miracolo » et malheureusement bien d’autres productions.

 

Le Colonel

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L’ordre ne règne pas dans la France Insoumise

Publié le 6 Février 2022 par Colonel Spontini

L’ordre ne règne pas dans la France Insoumise

François Ruffin prouve, une fois de plus, qu’il a su garder son indépendance d’esprit en dépit de son appartenance au Parti dont Mélenchon est le chef. À gauche, on s’emmerde, c’est dit et c’est lui qui l’a dit. On peut comprendre. La gauche est au bout du rouleau et il ne reste que quelques feuilles. Elle n’a pas été capable de se renouveler si bien que tout ce qu’elle peut faire à présent se limite au dénigrement des adversaires. C’est très curieux parce que, faisant ainsi, elle présume que le peuple de gauche suit toujours la ligne, une sorte d’obéissance inconsciente aux atours de la Bonne Conscience. Mais peut-être qu’un diable de droite a réussi à s’introduire dans la tête des leaders (fatigués) pour venir leur souffler qu’auncune victoire n’était à espérer. Quand on n’y croit plus on laisse l’eau envahir le navire qui coule. Et c’est bien ce que l’on observe: un archarnement pathétique à prendre des initiatives pour échouer.

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Aveu patronal

Publié le 3 Février 2022 par Colonel Spontini

Aveu patronal

Dans le « Canard Enchaîné » du 2 février 2022, un article résume à lui tout seul le désastre de l’immigration massive. L’aveu vient d’un patron venu écouter la fille Le Pen parler d’économie. Le type se lâche « Une manne extraordinaire ! », au sujet de l’immigration. Voilà c’est dit ! Pour des patrons, l’immigration est une manne extraordinaire. Pourquoi ? Parce que c’est une main d’œuvre pas chère et docile (surtout les sans-papiers). Le cri du cœur vient contrarier la leader du RN, bien consciente que le sujet est chaud. Mais si on veut se mettre dans la poche le lobby qui l’a invitée (« Ethic » ! On rêve !), elle doit abandonner tout discours critique contre l’arrivée massive des immigrés encouragée par l’Europe et Macron qui, bien sûr, ne peut rien lui refuser. Le plus drôle de l’histoire est que le « Canard », journal éminemment de gauche publie le sujet pour dénigrer Zemmour et Le Pen, sans se rendre compte qu’il donne une clé fort instructive pour comprendre l’invasion migratoire.

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La ténacité paie

Publié le 23 Janvier 2022 par Colonel Spontini

La ténacité paie

Gêné pendant près de 20 ans par le bruit de la chasse d'eau de ses voisins, un couple italien a finalement obtenu réparation après une longue bataille judiciaire. En s'appuyant sur un traité européen et la loi relative aux nuisances sonores nocturnes, les juges de la Cour de cassation ont donné raison aux plaignants, qui toucheront un dédommagement. La ténacité a payé. Au bout de vingt ans, un couple habitant à La Spezia, en Ligurie (Italie), a enfin obtenu gain de cause auprès de la justice. Dérangé par la chasse d'eau très bruyante de leurs voisins, il a obtenu une compensation financière pour le préjudice subi pendant toutes ces années, rapporte le journal transalpin La Repubblica , relayé par Courrier International . Une longue procédure judiciaire L'affaire commence en 2003, quand quatre frères construisent de nouveaux WC dans leur appartement. Les toilettes sont placées sur un mur mitoyen, attenant à la chambre du couple. La nouvelle installation provoque ainsi des bruits « intolérables » pour les deux Italiens, qui portent plainte en première instance. Mais le tribunal donne raison aux quatre frères. Le couple n'en reste pas là et fait appel. Cette fois-ci, les juges donnent raison aux plaignants en estimant que l'installation de toilettes sur un mur mitoyen trop fin porte « préjudice à la qualité de vie dans un lieu destiné au repos » . Les frères ne s'avouent pas vaincus et portent l'affaire devant la Cour de cassation. 500 € par année de nuisances. La plus haute cour a donné gain de cause au couple. Il est apparu que la chasse d'eau des fameuses toilettes provoquait trois décibels de bruit en trop par rapport à la norme légale. Les juges ont notamment motivé leur décision avec la Convention européenne des droits de l’homme, considérant qu'il y avait là une « atteinte au droit à la pleine et libre jouissance des habitudes de vie quotidienne » . Le jugement précédent a donc été confirmé. Le couple va recevoir 500 € de dommages pour chaque année de nuisances. L'affaire ayant duré vingt ans, les deux Italiens vont donc toucher un peu moins de 10 000 €.

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Taubiravage la gauche

Publié le 16 Janvier 2022 par Colonel Spontini

« Il me fallait à la fois dompter mon cœur et mes larmes, être à la hauteur de cette dernière étape, parce que ce n'est pas une démarche personnelle. J'ai essayé avec dignité, avec force, avec loyauté de porter une demande, une aspiration collective »

Taubiravage la gauche
Taubiravage la gauche

On lui offre des moustaches à Taubira ?

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Place de Grève

Publié le 8 Janvier 2022 par Colonel Spontini

Place de Grève

La place de Grève à Paris était très féquentée à cause des divertissements qu’on pouvait y voir. Pendant plusieurs siècles ceux-ci consistaient essentiellement en éxécutions de condamnés à mort. Un spectacle excitant et instructif pour les enfants à qui l’on faisait comprendre qu’une mauvaise conduite aboutissait fatalement à une fin comme celle qui était mise en scène. Par la suite les éxécutions se tinrent à huis-clos, réservées à quelques privilégiés. Pour cesser totalement de nos jours. Elles ont été remplacées par les Journées du Patrimoine. Mais… peut-on ne pas tomber dans la délinquance quand on fait la queue pour une visite de l’Élysée ?

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